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Écosse Voyager autrement

5 conseils pour visiter Édimbourg de manière responsable

visiter Edimbourg

Visiter Édimbourg sans tomber dans le tourisme de masse et en limitant son impact environnemental, ce n’est pas si compliqué ! Voici quelques conseils pour explorer la capitale écossaise, s’imprégner de l’ambiance unique qui la caractérise et mieux connaître le mode de vie de ses habitants.


Se déplacer à Édimbourg : adieu voiture !

Même sans arguments écologiques, visiter Édimbourg en voiture est une aberration. L’accès à de nombreuses rues est interdit aux voitures et, si ce n’est pas le cas, le nombre de voies est souvent restreint pour privilégier les transports en commun. Conséquence ? Des temps de trajet à rallonge. Ajoutez à ça le coût des parkings (si vous trouvez un emplacement !) et vous abandonnerez rapidement l’idée, croyez-moi ! Je rappelle néanmoins la conduite à gauche et les rues pavées de l’hyper-centre, histoire d’enfoncer le clou.

Alors comment se déplacer pour visiter Édimbourg ? Pour les longs trajets, prenez le bus ! Même si la tentation d’appeler un taxi est grande, car les prix sont moins élevés qu’en France, voyager en bus peut s’avérer une expérience insolite pour qui ne s’est jamais assis à l’étage d’un de ces fameux bus britanniques. Qui plus est, le réseau de bus d’Édimbourg, Lothian Buses, est bien développé, vous permettant d’explorer aussi bien le centre que les alentours.

Mais l’idéal pour découvrir la ville, c’est bien entendu la marche. Non seulement pour limiter son impact carbone, mais aussi car, en ralentissant son rythme de visite, ce sont des milliers de détails qui sautent aux yeux. S’arrêter devant un bâtiment ou une statue qu’aucun guide ne mentionne, observer les locaux mener leur vie plutôt qu’être immergé dans la masse touristique… marcher est le meilleur moyen de sortir des sentiers battus.

Quid du vélo ? Je le déconseille si vous n’êtes pas habitués à la ville. Entre les routes pavées et le manque de signalisation des quelques pistes cyclables… c’est à vos risques et périls.

Pour voyager depuis ou vers Édimbourg, deux options : le train ou le car. Le service ferroviaire est assuré par la société Scotrail et relie de nombreuses villes écossaises à partir de Waverley, la gare centrale d’Édimbourg. Le long de ces grands axes, vous retrouverez généralement les cars CityLink.co.uk, moins onéreux mais souvent plus lents que le train. Enfin, pour rejoindre des destinations moins accessibles, tournez-vous vers les cars Stagecoach. Ils sillonnent l’Écosse, vous permettant souvent de réaliser les mêmes parcours qu’en voiture. L’idéal pour faire des rencontres et découvrir le pays.

Enfin, il me faut mentionner le moyen le plus radical pour agir sur l’impact environnemental de son voyage… faire une croix sur l’avion et venir à Édimbourg en train. Est-ce plus long qu’en avion ? Oui. Plus cher aussi, malheureusement. Mais si vous en avez la possibilité, soyez conscient qu’utiliser des transports moins carbonés reste la meilleure action possible pour voyager de manière responsable.

Un logement responsable : place au casse-tête

Depuis une dizaine d’années, Édimbourg fait face à une crise du logement empêchant l’accès à la propriété pour bon nombre d’habitants. En conséquence, les prix de l’immobilier flambent, pour la location comme pour l’achat. Parmi les responsables, le nombre hallucinant de logements vides destinés à des locations saisonnières. La plupart ne seront occupés qu’entre juin et septembre, puis à l’occasion d’Hogmanay, souvent pour des coûts absolument exorbitants.

Vous l’aurez compris, encourager cette démarche n’est pas vraiment la clé d’un voyage responsable. Une chambre dans un petit hôtel familial ou un établissement engagé dans une démarche écologique peut être une solution. En Écosse, il existe les Green Tourism Awards.

Mais le mieux, c’est encore de loger chez l’habitant. Pour cela, tournez vous vers les B&B (Bed and Breakfast, l’équivalent d’une maison d’hôtes), ou, à défaut, une chambre chez un particulier. En plus de contribuer à de meilleures pratiques touristiques pour la ville d’Édimbourg, l’expérience est un véritable levier pour faire connaissance avec des habitants désireux de rencontrer des voyageurs issus d’horizons divers. Car c’est aussi ça le voyage, non ? Découvrir un mode de vie, les petits secrets d’une ville d’ordinaire réservés aux locaux, lier des relations pouvant parfois durer dans le temps…

Pourquoi un casse-tête ? Car si vous partez en juillet ou août, sachez qu’Édimbourg accueille de nombreux évènements festifs, dont le Fringe, l’un des plus grands festivals au monde. Ajoutez à ça l’afflux de touristes venus de partout sur la planète pour visiter Édimbourg, et vous comprendrez la difficulté de trouver un logement correspondant à vos critères. Comme toujours, je vous conseille donc vivement de partir en Écosse hors saison. Les mois de mai et septembre sont de bonnes alternatives pour mieux profiter de cette ville exceptionnelle.

Se nourrir en voyage : garder ses bonnes habitudes

La réputation de la malbouffe au Royaume-Uni a la dent dure pour nous autres Français. Pourtant, elle n’est pas vraiment justifiée car les solutions existent bel et bien. Ainsi, voyager à Édimbourg n’implique pas de s’asseoir sur ses bonnes habitudes de consommation, en suivant le principe du bio, local et de saison.

Si vous souhaitez préparer à manger, vous pouvez trouver quelques légumes correspondant à ces critères dans les supérettes mais ce n’est pas l’idéal car tout est sous plastique. Rendez-vous sur les marchés ! À savoir que la plupart d’entre eux proposent aussi des repas à emporter. Une façon de rémunérer les petits producteurs plutôt que les chaines de restauration rapide.

  • Edinburgh Farmers’ Market : Castle Terrace, le samedi de 9h à 14h
  • Stockbridge Market (mon préféré !) : Jubilee Gardens, le dimanche de 10h à 16h
  • Grassmarket Market : Grassmarket, le samedi de 10h à 17h
  • Leith Market : Dock place, le samedi de 10h à 16h

Considérant la superficie et l’influence d’Édimbourg au Royaume-Uni, le peu de magasins bio peut surprendre. En voici une liste, succincte, mais utile :

  • Real Foods (Broughton Street et Brougham Street) : ma recommandation n°1 😉
  • The New Leaf (Argyle Place)
  • Dig-in (Bruntsfield Place)
  • The Good Store (Montagu Terrace)
  • Easter Greens (Easter road)
  • Weigh to go (Crighton Place)
  • Earth Works (Raeburn Place)
  • Archipelago Provisions (Dundas Street)
  • Root Down (Portobello High Street)
  • Findlay’s Grocers (St Peter’s Buildings)

Enfin, une petite note pour rassurer nos amis végétariens ou vegans : tout devrait bien se passer. Le Royaume-Uni est très en avance sur la France quant à ces sujets. Vous trouverez même du haggis végétarien !

Que rapporter d’Édimbourg : souvenirs, souvenirs… !

En descendant le Royal Mile, vous prendrez très vite conscience du piège à éviter dans la capitale écossaise. Les boutiques de souvenirs sont PARTOUT et débordent de bibelots à bas prix fabriqués à l’autre bout du monde. Ils brillent, attirent l’œil, et cochent toutes les cases de la consommation de masse. Bref, à éviter.

Et si vous privilégiez plutôt les petites échoppes et artisans ? Pensez aux produits locaux comme les whiskies, miels et shortbreads, aux livres de recettes traditionnelles ou aux romans dont l’intrigue vous dévoilera une nouvelle facette de l’Écosse. Pour le reste, voici quelques adresses intéressantes, proposant des souvenirs qui ont du sens :

  • Armchair books (West Port) : des livres d’occasion en tous genres dans une boutique ancestrale, tenue par des passionnés.
  • Lackdhu crafts (Candlemaker Row) : de nombreux tirages d’art originaux, design et élégants, des bijoux, des objets pour la maison, en favorisant une production écossaise.
  • Armstrongs vintage (Grassmarket) : un magasin incroyable, rempli de vêtements et accessoires vintage provenant de toutes les époques, dont une collection de kilts et tweeds en attente d’une seconde vie.
  • Fudge Kitchen (High Street, Royal Mile) : ils embaument le Royal Mile avec leurs arômes sucrés, un vrai délice ! Le fudge est produit sur place, où l’on propose aussi une alternative vegan.
  • Calzeat (High Street, Royal Mile) : un fabricant de tissus écossais implanté dans les Borders et qui dispose de plusieurs boutiques à Édimbourg. Des écharpes et vêtements aux designs celtiques et modernes, d’excellente qualité.
  • Cranachan & Crowdie : la boutique n°1 de souvenirs Made in Scotland a fermé ses portes, mais son site internet rouvrira bientôt pour proposer des objets faits à la main en Écosse.

Éviter le tourisme de masse : explorer plutôt que visiter Édimbourg

En compagnie de villes comme Rome, Barcelone ou Amsterdam, Édimbourg subit le sur-tourisme de plein fouet. En 2019, le château d’Édimbourg a accueilli 2,2 millions de visiteurs. Peut-on réellement profiter de ce lieu exceptionnel, sentir l’histoire dans ses pierres, alors qu’une foule compacte nous entoure ? Je n’en suis pas convaincue. Le tourisme de masse contribue même à détériorer certains sites, comme la statue de Greyfriars Bobby dont le nez s’efface d’année en année.

Alors, que faire ? Voyager hors saison est la première étape, mais les congés ne l’autorisent pas toujours. Il faut sortir des sentiers battus. En plus de se créer une expérience sur-mesure, cela désengorge les sites dépassés par le tourisme de masse. Visiter Édimbourg, c’est bien plus que le Royal Mile.

Il existe une multitude de façons de voyager à Édimbourg, mais je reste persuadée qu’explorer la ville est une étape incontournable pour saisir ce qui fait sa singularité. Les musées et visites historiques peuvent nous apprendre beaucoup sur son passé ou ses valeurs. Mais c’est en marchant au hasard des ruelles, en observant et en prenant le temps d’échanger avec ses habitants, que l’on peut véritablement prendre le pouls d’une ville et se créer l’opportunité d’une expérience authentique. Et chacun des conseils précédents vous mènera vers cet objectif.

Et le porte-feuille dans tout ça ?

Oui, venir en train est beaucoup plus cher qu’en avion. Je le conçois sans détour, c’est un fait avéré et non discutable, bien qu’extrêmement malheureux (et difficilement acceptable aujourd’hui !).

Mais pour le reste ? Utiliser les réseaux de bus, se nourrir aux marchés locaux, en cuisinant ou en choisissant judicieusement ses établissements, mettre un frein aux achats compulsifs, marcher pour explorer la ville, et loger chez l’habitant ? Tout cela vous reviendra moins cher que louer une voiture, manger au restaurant quotidiennement, accumuler les achats de babioles et visiter des attractions non-essentielles hors de prix ! 😉

4 commentaires

  1. Merci pour cet article plein de sens. Oui ! Visiter une grande ville de façon responsable c’est possible. Merci

    1. Tout à fait ! Merci pour ton commentaire encourageant 🙂

  2. Super article, plein de bonnes pistes pour découvrir la ville autrement et de façon responsable.

    1. Merci ! Si ça peut inspirer et faire changer quelques pratiques…

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