Un tocard sur le toit du monde, Nadir Dendoune

« Fils d’immigrés algériens, Nadir est un enfant du 9-3 qui a grandi avec pour seuls sommets les barres HLM de sa cité. Mais ce n’est pas parce qu’on est né du mauvais côté du périph’ qu’on est obligé d’y rester !

Après un tour du monde à vélo réalisé en solo, il décide de s’attaquer à l’Everest et s’invente un faux CV d’alpiniste afin de convaincre un guide de l’y emmener. Arrivé sur place, la supercherie ne tient pas longtemps, et face à la difficulté de l’ascension, tous pensent qu’il va rapidement renoncer. C’est justement pour ça qu’il a continué. »

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Pour une fois, j’avais découvert le film avant de me plonger dans ce livre de Nadir Dendoune. J’avais plutôt bien accroché à « l’Ascension », l’histoire d’un jeune de la cité, prêt à gravir l’Everest par amour pour Nadia. Mais dans le livre, pas de promesse faite à une fille ni soutien immense en France. En effet, si le film se base sur une histoire d’amour, la vie réelle est tout autre. Ce sont les derniers mots du livre qui l’expriment le mieux « Une volonté de revanche dépourvue de haine. L’état d’esprit qu’il faut avoir quand tu grimpes l’Everest ». Nadir se bat sur cette montagne comme il se bat contre les préjugés et les barrières qui s’imposent lorsque tu viens des barres HLM du 93. On est loin de l’histoire de cœur.

Ce livre est un récit simple pour raconter une réalité complexe. Au long de cette ascension vertigineuse et des épreuves qu’il rencontre, Nadir fait le parallèle avec sa vie de cité et celle de ses parents, immigrés et illettrés. Il a beau se trouver de l’autre côté du monde, les barres HLM ne le quittent jamais vraiment. J’ai été touchée par son message. Même au fond de l’Himalaya, les classes sociales se séparent toujours. Les sherpas restent d’un côté, les occidentaux de l’autre, et Nadir quelque part au milieu. Quand la plupart des alpinistes passent à côté d’un sherpa sans un regard de compassion, lui pense autrement. « Il risquait sa poire pour faire plaisir à des connards de mon espèce ». Oui, Nadir n’a pas la langue dans sa poche.

C’est un autre aspect du livre à souligner : l’humour de l’auteur ! Certains passages m’ont fait franchement rire, malgré une réalité incroyablement difficile. Bien loin d’être un tocard, Nadir Dendoune est une nouvelle preuve que l’on peut accomplir ses rêves avec un mental d’acier. (Et un peu de culot, quand même !)

« Un tocard sur le toit du monde » n’est pas le premier livre dans la bibliographie de Nadir Dendoune. Il avait déjà écrit : « Journal de guerre d’un pacifiste » et « Lettre ouverte à un fils d’immigré ». En 2017, un nouveau livre s’est ajouté, « Nos rêves de pauvres », cette fois-ci une autobiographie centrée sur ses parents. En parallèle, côté filmographie, il a notamment réalisé un documentaire mettant en avant sa mère, nommé « Des figues en avril ». Mais avant tout, Nadir Dendoune est un homme de combats. Il a fait un tour du monde solo à vélo contre le SIDA, est devenu bouclier humain à Bagdad contre la guerre en Irak. En France, il a, entre autres, organisé la « journée sans immigrés ».

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